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neuf heures du soir
neuf heures et quelques minutes en plus
je vois cette obsession du temps qui m’est revenue
comme si j’apprenais à marcher en ayant qu’une seule jambe
le temps, une mesure quantitative qui, en équation, se la joue trop souvent inconnue
parfois je prends la main du gamin persuadé d’avoir le don de l’arrêter
l’enveloppe du plus commun des héros s’apparente en m’emparant
celle de l’enfant fixant ces branches, petite et grande, qui font de son présent
du passé composé
je régurgite de faire face, impassible, à l’irréversible notion de la réalité
bousculer ces minutes qui oppressent, les atomiser
foutre un coup de pied au syndrôme des moments oubliés
voilà ce que je veux! reliquer le temps, le mettre sous verre
et le jeter avec une force que je ne soupçonne pas
si fort que des éclats de verre viendraient m’écorcher
ou mieux est de le mettre sous terre
qu’il s’étouffe lui-même sous la pression de la gravité
qu’il fermente et pourrisse, qu’il dépasse sa date de péremption
j’aperçois les mains du petit, m’enfantant, lui jeter des pierres
lui qui s’amuse de l’instant, il s’essouffle à lui courrir après
perdant dans la foulée, une montre en plastique qu’il avait gagné
à une compétition